Jean Pormanove n’est pas mort dans l’ombre. Ce streamer français de 46 ans, connu pour ses vidéos extrêmes et ses mises en scène parfois violentes, s’est effondré en direct, devant une caméra allumée, sous les yeux d’une audience connectée. La scène, glaçante, a été diffusée comme un contenu parmi d’autres. Elle a bouleversé sa famille, qui dénonce un décès « intolérable » et pointe l’épuisement auquel il était soumis. Mais elle interroge bien au-delà du cercle des streamers : elle nous oblige à regarder en face une tendance inquiétante, celle qui transforme la souffrance en divertissement. Et cette logique, aussi choquante soit-elle appliquée à un homme, est déjà à l’œuvre depuis longtemps pour les animaux.
Sur les réseaux sociaux, les exemples abondent. On y voit circuler des vidéos de chiots maltraités, de chats ridiculisés, parfois terrorisés, toujours filmés pour attirer des vues. Un chat effrayé par un pétard, un chien secoué par les pattes, un chiot maquillé et forcé dans un déguisement : ces scènes banalisées provoquent des millions de réactions. Elles ne sont pas si éloignées, dans leur logique, de ce que vivait Jean Pormanove : une mise en scène de l’humiliation, consommée par un public qui, en la regardant, la légitime.
Pourquoi Planipets Média en parle ?
Planipets Média parle de vivant. De chiens, de chats, souvent. Mais surtout de la façon dont on les regarde, dont on les traite, dont on vit à leurs côtés. Alors parfois, un fait d’actualité qui touche un humain résonne avec ce qu’on observe depuis longtemps du côté des animaux. Ce n’est pas une comparaison, c’est une continuité. Une manière de montrer que les mêmes mécanismes — de domination, de mise en scène, de silence aussi — traversent toutes les formes de lien. C’est là que se place notre regard : à l’endroit fragile où la souffrance devient spectacle, et où le vivant, quel qu’il soit, mérite qu’on l’écoute autrement.
Le miroir cruel : quand la logique virale dépasse l’espèc
Chaque jour, sur TikTok, YouTube ou Instagram, des vidéos de chats et de chiens sont partagées, massivement, dans des formats de plus en plus scénarisés. Certaines sont tendres, amusantes, respectueuses. Mais d’autres — et leur nombre croît — relèvent d’une forme de maltraitance qui ne dit pas son nom : animaux contraints à adopter des comportements anxiogènes, déguisés à outrance, poussés à bout pour susciter des réactions, utilisés comme ressorts de blague.

Ce ne sont pas les mêmes scènes que celles qu’on a vues dans le live tragique de Pormanove, mais c’est bien la même logique de fond : prendre un être vulnérable, lui imposer un contexte qui dépasse ses limites, et transformer cela en contenu.
L’épuisement : même signe, même silence
Dans les mots de la sœur de Jean Pormanove, un terme revient : l’épuisement. Elle le dit à plusieurs reprises. Elle parle d’un homme vidé, usé, au bout de ses capacités physiques et psychiques. Et ce mot-là, dans l’univers Planipets, nous est familier. L’épuisement, c’est ce qui menace le chien surexploité par ses maîtres pour produire des vidéos performantes. C’est ce qu’on observe chez certains animaux de compagnie contraints à participer à des “challenges” absurdes, sous stress répété, sans repos, sans écoute de leurs signaux de fatigue.
L’épuisement est cette ligne invisible que l’on franchit quand on oublie qu’en face, il y a un être vivant. Qu’il soit humain ou animal ne change rien à cette limite fondamentale : la capacité à supporter une pression constante n’est pas infinie.
Consentement : ce mot qu’on brandit pour faire taire le doute
Les proches de Jean Pormanove ont tenu à rappeler qu’il participait volontairement aux contenus. “Il était d’accord”, disent-ils. L’argument est compréhensible : il cherche à dissocier ce qui relevait du jeu de ce qui relèverait de l’exploitation. Mais là encore, on entend un écho puissant avec le monde animal.
Combien de vidéos justifient une situation de détresse animale par le fait que l’animal “n’a pas l’air de souffrir” ? Combien de maîtres affirment que “le chien aime ça”, simplement parce qu’il ne se débat pas ? On confond soumission et acceptation, résignation et plaisir. Or, qu’il s’agisse d’un streamer humain soumis à la pression d’un public ou d’un animal domestique dépendant de ses maîtres, le consentement est rarement aussi simple qu’un oui ou un silence.

Il faut prendre en compte les rapports de dépendance, la fatigue, la pression de groupe, l’envie de plaire. Tout cela rend la notion de “consentement” fragile, parfois même trompeuse.
Regarder sans agir, c’est déjà participer
Le live de Jean Pormanove ne s’est pas interrompu. Ce n’est qu’après coup que le drame a été identifié. Mais entre-temps, des centaines de personnes ont continué à regarder. Sans intervenir. Ce phénomène, profondément dérangeant, est au cœur du sujet : nous ne sommes plus de simples observateurs. À l’ère numérique, celui qui regarde, qui like, qui commente, participe.
On peut appliquer cette logique aux vidéos de chiens malmenés sur TikTok. Chaque vue, chaque partage, chaque cœur rouge contribue à faire exister le contenu. Il n’y a plus de violence sans spectateur. Il n’y a plus de souffrance visible qui ne soit aussi un produit.
Et c’est cela que le drame de Jean Pormanove révèle avec une brutalité absolue : ce n’est plus seulement la personne filmée qui est en jeu, mais aussi notre rôle à nous, ceux qui regardons.
Indignation sélective : et si le problème, c’était nous ?
Un élément dérangeant a été souligné : lorsqu’une vidéo de maltraitance animale circule, les réactions sont souvent immédiates. Signalements massifs, mobilisations collectives, sanctions possibles. Mais dans le cas de Jean Pormanove, malgré l’horreur de la scène, la diffusion n’a pas été stoppée sur-le-champ. Pourquoi ? Est-ce que nous avons plus facilement intégré que les humains “choisissent” leur souffrance ? Est-ce qu’on attend d’eux une résistance différente ?

La question mérite d’être posée, mais elle ne doit pas opposer les causes. Au contraire. Elle doit nous amener à une réflexion commune : pourquoi avons-nous, parfois, plus de réflexe de protection pour un chiot que pour un homme ? Et surtout : comment faire en sorte que cette vigilance s’étende à toutes les formes de vie exposées à la cruauté du spectacle ?
Ce qu’il reste à défendre : pas la vie, mais la dignité
La mort de Jean Pormanove, aussi terrible soit-elle, ne peut pas être réduite à un simple accident tragique. Elle doit nous forcer à interroger ce que nous avons collectivement construit : une société de l’image où la souffrance n’est plus un frein, mais un ressort. Les animaux en ont été les premières victimes silencieuses. Les humains les ont rejoints. Et tant que les plateformes continueront de valoriser ce type de contenu, tant que nous continuerons à y participer passivement, rien ne changera.
Ce que nous devons défendre, ce n’est pas seulement la vie, mais la dignité. Et elle n’a pas de frontière d’espèce.
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