Alors que les cafés pour animaux se multiplient en Chine avec des chiens et chats « employés » pour divertir les clients, cette tendance pourrait bien inspirer d’autres pays, notamment la France. Là-bas aussi, l’intérêt pour les animaux de compagnie croît et certains cafés dédiés aux chats connaissent un succès notable. Mais la dynamique est-elle comparable à celle observée en Chine ? Et quelles différences culturelles ou économiques expliquent ces variations ?
Une croissance inédite en Chine qui répond à un besoin de lien social
En Chine, les cafés à animaux connaissent une croissance exponentielle. Depuis le premier café pour chats ouvert en 2011 à Guangzhou, ces établissements se comptent aujourd’hui par milliers, avec une hausse annuelle de 200 % selon CBNData. Avec un droit d’entrée de 4 à 8,5 dollars, ces cafés misent sur les interactions entre animaux et clients pour séduire une clientèle souvent isolée en milieu urbain. En effet, avec une population vieillissante et une diminution des taux de natalité, les animaux comblent un besoin de présence affective, devenu primordial pour de nombreux Chinois.
En chiffres :
- Nombre de cafés d’animaux en Chine en 2023 : plus de 4 000.
- Croissance annuelle du marché : 200 %.
- Prédiction Goldman Sachs : plus d’animaux de compagnie que d’enfants en Chine dès fin 2024.
En France, un intérêt pour les animaux, mais une dynamique plus modérée
En France, bien que les cafés à chats rencontrent un certain succès comme le bar à chats de Rouen qui permet d’adopter les chats, le concept reste plus modeste. Le premier café à chats parisien, Le Café des Chats, a ouvert en 2013, inspiré par un modèle japonais. Depuis, quelques autres établissements ont émergé, mais on est loin de l’explosion observée en Chine. Selon une étude de Statista, environ 30 % des foyers français possédaient un chat en 2022, et 20 % un chien, avec des dépenses en hausse pour les soins et les produits animaliers.
Cependant, en France, l’animal de compagnie reste souvent perçu comme un membre de la famille qui bénéficie d’une attention à domicile plutôt que dans des espaces publics. Si l’on constate un intérêt croissant pour les interactions homme-animal, il est rare de voir des propriétaires « employer » leur chien ou leur chat dans un lieu public, une approche plus présente dans la culture chinoise.
En chiffres :
- Part des foyers possédant un chat en France : 30 %.
- Part des foyers possédant un chien : 20 %.
- Taux de croissance des dépenses pour animaux entre 2021 et 2022 : +5 %.
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L’animal, acteur économique et social : des différences culturelles marquées
La tendance chinoise où des animaux « travaillent » dans des cafés répond à des besoins particuliers : dans les grandes villes chinoises, les interactions sociales sont souvent limitées, et les animaux jouent un rôle important dans le bien-être émotionnel des citadins. En France, bien que l’affection pour les animaux soit forte, le lien homme-animal conserve une dimension domestique et familiale. Les cafés pour chats sont généralement perçus comme des lieux de détente et d’observation plutôt que des espaces où l’animal joue un rôle central pour attirer la clientèle.
L’essor des cafés d’animaux en Chine, surnommé « Zhengmaotiaoqian » ou « gagner l’argent du goûter », met en lumière une différence de perception : en Chine, l’animal de compagnie peut jouer un rôle actif et même « professionnel » au sein de la société, tandis qu’en France, l’attention se porte davantage sur le bien-être et la protection des animaux.
L’avenir du modèle des cafés pour animaux en France : un potentiel de développement ?
La France pourrait-elle adopter une version de ces cafés à animaux avec des chiens et chats « employés » ? Si le modèle chinois est encore inédit dans l’Hexagone, l’intérêt croissant pour les interactions homme-animal ouvre des perspectives. Les lieux de soins ou de thérapie, par exemple, pourraient s’inspirer de cette dynamique pour proposer des programmes de médiation animale. Cette approche pourrait également intéresser les maisons de retraite ou les centres pour jeunes, où les animaux de compagnie peuvent jouer un rôle apaisant et stimulant.
Enfin, avec l’essor des dépenses pour animaux en France, les marques et établissements pourraient être tentés d’investir dans des expériences immersives avec des animaux, à condition de respecter la législation stricte française en matière de bien-être animal.
Conclusion : un modèle chinois inspirant, mais des valeurs et approches différentes
Les cafés pour animaux en Chine, qui transforment les chiens et chats en véritables « employés », reflètent une évolution rapide du lien homme-animal dans ce pays. En France, bien que l’affection pour les animaux soit indéniable, la perception de leur rôle dans la société reste plus centrée sur le cadre domestique et la protection du bien-être animal. Le modèle chinois pourrait néanmoins inspirer de nouveaux types d’interactions, en particulier dans les secteurs du bien-être et de la thérapie.
Ainsi, tandis que les cafés pour animaux se multiplient en Chine et renforcent le lien social, la France pourrait observer et adapter cette tendance pour répondre à ses propres besoins, tout en respectant ses valeurs culturelles et législatives.