Ce dimanche 12 octobre, la Citadelle d’Arras s’est transformée en un terrain d’effort et de complicité. Pas de simples joggeurs ici : mais des duos soudés, reliés par une laisse, courant comme un seul être. C’est le canicross, un sport d’endurance où l’humain est tracté par son chien, dans une chorégraphie de confiance et d’énergie brute.
Né il y a plusieurs décennies en France mais encore méconnu dans le Pas-de-Calais, ce sport s’impose désormais comme une nouvelle forme de lien entre les espèces. Ce week-end, ils étaient près de 200 binômes inscrits pour le Cani’tour de la Citadelle, preuve que la passion gagne du terrain. Ici, pas de hiérarchie, pas d’ordre aboyé : le chien mène, l’humain suit. Ensemble, ils réinventent la course, la liberté… et peut-être même la définition du mot “compagnon”.
Quand le chien devient l’entraîneur du maître
Pour beaucoup, promener son chien signifie le retenir, le canaliser. En canicross, c’est tout l’inverse : la laisse devient moteur. Le maître se fait tracter, guidé par la force, la cadence et l’instinct de son compagnon. À Arras, cette pratique a trouvé un terrain d’expression idéal : les chemins de la Citadelle, vastes et ombragés, où souffle un air de liberté partagée.
Le phénomène reste récent dans la région. La section canicross du Racing Club d’Arras n’a vu le jour qu’en 2015, sous l’impulsion de François Deruelle, son président actuel. Avant cela, les passionnés devaient parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour pratiquer, souvent jusqu’à Étaples. Aujourd’hui, la dynamique s’inverse.
L’Arrageois découvre une discipline qui séduit les familles comme les sportifs aguerris. Le club accueille de plus en plus d’adhérents, preuve que cette alliance entre homme et animal trouve un écho puissant. Car dans le canicross, il ne s’agit pas d’imposer un rythme, mais de s’accorder à celui du chien, et d’avancer, ensemble.

Crédit photo : Planipets Média
Des duos de feu : quand l’instinct remplace le chrono
Sur la ligne de départ, chaque binôme forme une histoire. Derrière les cris d’encouragement et les aboiements d’excitation, c’est une véritable fusion d’instincts qui s’opère. À Arras, ce dimanche 12 octobre, près de 200 participants ont pris part à l’épreuve organisée dans le cadre du Cani’tour de la Citadelle, un rendez-vous désormais attendu dans le calendrier des sports canins.
Parmi eux, un duo s’est démarqué : Julien Fontaine et sa chienne Ivy, représentants du club du Cross-Pattes de Verquigneul. Avec un temps record de 20 minutes sur le plus long parcours, ils se sont hissés en tête du classement général. Habitué des compétitions, Julien raconte son moteur :
“Ce qui me motive dans ce sport, c’est le partage. Le chien prend plaisir, nous aussi. C’est un jeu, une aventure à deux.”
Ancien footballeur, il a troqué le ballon contre la ceinture de traction. Et il n’est pas le seul : chaque week-end, une nouvelle course s’ajoute au calendrier régional. Après Arras, ce sera Jeumont le 19 octobre, puis Verquigneul le 16 novembre. “Il y en a presque tous les mois dans les Hauts-de-France”, confie-t-il. Ici, les chronos importent peu. Ce que les participants viennent chercher, c’est un souffle commun, une victoire invisible mais réelle : celle de la complicité.
Des chiens athlètes, mais surtout partenaires
Sur le terrain, on croise de tout : des braques élancés, des bergers attentifs, des labradors joueurs, ou encore des croisés débordants d’énergie. Car au canicross, aucune race n’est mise de côté. La seule condition : que le chien soit en bonne santé, motivé, et surtout volontaire pour courir. La Fédération Française des Sports et Loisirs Canins (FFSLC) encadre la pratique avec rigueur mais ouverture.
Pour les curieux, elle propose des stages “découverte”, permettant de tester l’activité jusqu’à trois fois tout en bénéficiant d’une assurance fédérale. Une porte d’entrée idéale pour les néophytes qui souhaitent comprendre l’esprit de la discipline avant de s’engager pleinement. Le président du Racing Club d’Arras, François Deruelle, insiste :
“Notre but n’est pas la performance, mais le respect du binôme. Il faut que le chien ait envie, que ce soit un plaisir partagé.”
Cette philosophie simple séduit. Le canicross n’exige pas un champion canin, mais un compagnon complice. L’animal n’y est jamais un outil d’effort : il est le cœur battant de la course.
L’effort, le souffle et la gamelle partagée
À midi, la Citadelle d’Arras s’est transformée en un grand terrain d’amitié. Les corps transpirent, les langues pendantes, celles des coureurs comme celles des chiens. Sous les arbres, les maîtres desserrent leurs harnais, remplissent les gamelles et s’assoient sur l’herbe. À la buvette, les conversations s’animent : on compare les parcours, les temps, mais surtout les sensations.
L’événement, organisé dans un esprit ouvert et familial, accueille aussi bien les licenciés que les amateurs venus par curiosité. Deux parcours de 3 et 6 kilomètres permettent à chacun de trouver son rythme, tandis que les enfants, les vétérans et même les marcheurs participent via la cani’marche, version douce du canicross.

Crédit photo : Planipets Média
La compétition s’achève dans un esprit d’unité. Pas de rivalité, mais du respect. Chaque binôme repart avec le sentiment d’avoir partagé quelque chose de plus grand qu’une simple course : une expérience de confiance, d’écoute et d’effort commun. Quand les derniers franchissent la ligne d’arrivée, les applaudissements sont pour tous — parce qu’ici, chaque duo compte, du premier au dernier souffle.
Épisode 14 : la course invisible
Sur les chemins de la Citadelle d’Arras, les chiens filaient, haletants, la langue pendante, les yeux fixés sur l’horizon. Et si cette image, à elle seule, résumait l’épisode 14 du célèbre duo animé ? Dans « Un chien privé de course peut mourir de tristesse… un chat privé de repos aussi« , on y apprend une vérité que tout coureur de canicross ressent dans sa chair : courir, pour un chien, n’est pas un loisir. C’est une nécessité vitale. Dans l’épisode, Rex et son ami Vignon s’élancent à toute allure après un papillon, tandis que Minou et Ndrovi, deux chats contemplatifs, préfèrent philosopher sur un trottoir.
Deux mondes, deux manières d’habiter la vie. L’un s’exprime par le mouvement, l’autre par la contemplation. Cette scène illustre parfaitement ce qu’incarne le canicross : une libération émotionnelle, un besoin fondamental d’action et de lien. Le comportementaliste Flavien Bourgeix, interviewé dans l’épisode, le rappelle avec force : “Courir, jouer, se dépenser, ce n’est pas un luxe pour le chien, c’est une forme de respiration. Sans cela, il s’éteint intérieurement.”
À Arras, chaque binôme en a offert la démonstration. Derrière les chronos, il y avait des chiens qui vivaient pleinement, des maîtres qui les écoutaient, et une relation équilibrée qui s’inventait pas à pas. Et pendant que les chiens s’élançaient sur les pavés, les chats de l’épisode rappelaient une autre leçon : celle du calme et du choix. Là où le chien s’épanouit dans l’action, le chat trouve son bonheur dans la maîtrise du temps.
Deux visions opposées, mais complémentaires, qui renvoient toutes deux à la même exigence : respecter la nature propre de chaque animal. À Arras comme dans la fiction, la course devient un symbole. Une façon de dire qu’aimer son compagnon, ce n’est pas le garder sous contrôle, mais lui offrir la liberté d’être ce qu’il est.
Plus qu’un sport, un engagement
Le canicross dépasse largement la notion d’activité physique. À Arras, comme ailleurs, il devient un manifeste silencieux en faveur d’un rapport plus juste entre humains et animaux. Ce sport rappelle que l’énergie d’un chien n’est pas un caprice, mais une expression vitale de son équilibre. L’empêcher de courir, c’est restreindre sa nature ; courir avec lui, c’est la comprendre.
Cette philosophie séduit de plus en plus de pratiquants. Certains y voient un simple loisir, d’autres un engagement moral. Car participer à une course de ce type, c’est reconnaître que le chien n’est pas un outil de performance, mais un partenaire à part entière. L’humain apprend à lire les signaux de fatigue, à respecter le rythme, à s’ajuster au souffle de son compagnon.
Sur les sentiers, cette relation prend une dimension presque éducative : plus question d’autorité, mais d’écoute et de coopération. En cela, le canicross n’est pas seulement un sport d’endurance. Il est un apprentissage du respect mutuel, une manière de redéfinir le mot “possession”. Là où d’autres disciplines enferment ou contraignent, celle-ci libère.
Courir ensemble, c’est affirmer une évidence trop souvent oubliée : la liberté ne se vit jamais seul, elle se partage.
La médaille autour du cou du chien : symbole d’un monde qui change
En fin de journée, le silence est revenu sur la Citadelle d’Arras. Les harnais sont détachés, les visages apaisés. Sur le podium, les trois premiers binômes reçoivent leur récompense : un sac de friandises, quelques accessoires… et surtout, une médaille à accrocher au cou du chien. Geste simple, mais profondément symbolique. Ici, le mérite ne se mesure pas à la vitesse ni à la force, mais à la complicité.
Le chien n’est plus un second rôle, il devient le véritable athlète du duo. Cette reconnaissance publique: une médaille, un nom cité, une photo partagée; marque une évolution dans notre manière de considérer l’animal : non plus comme un prolongement de nous-mêmes, mais comme un être à part entière, doté d’une volonté et d’une sensibilité.

Ce podium, quelque part, raconte un changement de société. Il reflète un monde qui commence à comprendre que la performance sans respect n’a aucun sens, et que l’amour sans liberté n’est pas de l’amour. Alors, à Arras comme ailleurs, chaque course devient un symbole d’avenir : celui d’un lien apaisé, conscient, réciproque. Car au bout de la laisse, ce n’est plus un maître et son chien qu’on voit courir… mais deux êtres qui avancent dans la même direction.
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Et si courir à deux redonnait sens à la liberté ?
À première vue, le canicross n’est qu’une course, un événement sportif de plus dans un calendrier déjà chargé. Mais à y regarder de plus près, il incarne bien davantage qu’une simple épreuve d’endurance. Il raconte ce que l’on a longtemps oublié : la liberté n’existe que lorsqu’elle se partage. Pour un chien, courir n’est pas un luxe, c’est une forme d’expression.
Pour un humain, apprendre à suivre plutôt qu’à dominer, c’est une leçon d’humilité. Ensemble, ils réinventent un équilibre que la modernité avait effacé : celui du corps vivant, relié à la nature, attentif à l’autre. Les 25 000 euros d’un chien guide rachètent une autonomie. Le canicross, lui, offre une liberté émotionnelle, une respiration à deux.
Dans un monde où le contrôle, la vitesse et la performance dictent les gestes, ces duos d’Arras rappellent que le bonheur n’est pas dans la compétition, mais dans la coopération. Et si la véritable victoire, finalement, était là : dans ces foulées partagées, dans ces souffles accordés, dans ce moment suspendu où l’homme et l’animal ne font plus qu’un, libres de courir sans rien se prouver.
FAQ Planipets – Tout comprendre au canicross
Qu’est-ce que le canicross exactement ?
Le canicross est un sport d’endurance où un humain court attaché à son chien par une ceinture, une longe amortie et un harnais adapté. Le chien tracte son partenaire en avant, et les deux avancent en coordination. Cette pratique, née dans les années 1990, s’inspire du mushing (courses de chiens de traîneaux), mais adaptée à la course à pied.
Tous les chiens peuvent-ils pratiquer le canicross ?
Oui, à condition qu’ils soient en bonne santé, motivés et physiquement capables de courir. Les races les plus performantes sont souvent les braques, huskies ou bergers, mais les chiens croisés ou de taille moyenne peuvent tout autant s’y épanouir. Ce qui compte, c’est le plaisir partagé, pas la morphologie.
À quel âge un chien peut-il commencer ?
Pas avant 12 à 15 mois, selon sa taille et son développement articulaire. Avant cela, des promenades sportives ou de petites séances de “cani-marche” sont recommandées. L’important est de respecter la croissance et de consulter un vétérinaire avant tout début d’entraînement.
Quel matériel faut-il pour débuter ?
Trois éléments essentiels :
- Une ceinture ventrale pour le coureur, qui répartit la traction sur les hanches.
- Ce matériel garantit confort, sécurité et équilibre pour les deux coureurs.
- Un harnais de traction (spécial canicross, jamais un harnais de balade)
- Une longe élastique pour amortir les à-coups
Faut-il être licencié pour participer à une course ?
Non, pas forcément. La Fédération Française des Sports et Loisirs Canins (FFSLC) propose des stages découverte et autorise jusqu’à trois participations d’essai sans licence, avec une assurance intégrée. C’est la meilleure manière de tester la discipline sans contrainte.
Quels sont les bénéfices du canicross pour le chien ?
Le canicross canalise l’énergie, renforce la musculature, améliore la santé cardiorespiratoire et surtout la complicité avec le maître. Il répond à un besoin essentiel de dépense physique et mentale, réduisant ainsi anxiété, aboiements et comportements destructeurs.
Et pour l’humain ?
C’est un sport complet, accessible et profondément motivant. Courir avec son chien pousse à écouter son rythme, ses signaux, ses pauses. C’est aussi un formidable antidote à la sédentarité : on ne court plus pour battre un record, mais pour partager une expérience vivante.
En résumé :
Le canicross n’est pas qu’un sport à la mode. C’est une alliance entre endurance et émotion, une manière de redonner à nos chiens leur rôle premier : celui de compagnon de route, libre et loyal.
Article rédigé par Valérie Vanbiervliet pour Planipets Média
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