Un samedi pas comme les autres à l’hippodrome
Samedi 23 août, à l’entrée de l’hippodrome de Nantes, les visiteurs venus découvrir le salon du chiot ont été accueillis par une scène inattendue. Des pancartes, des tracts, et surtout des voix qui s’élèvent pour rappeler une évidence trop souvent oubliée : un chiot n’est pas un objet de consommation.
Derrière les slogans, une vingtaine de militants issus de plusieurs associations locales et nationales. Parmi elles, PAZ (Projet Animaux Zoopolis), déjà connue pour avoir obtenu en juillet l’interdiction d’un salon similaire à Nogent-sur-Oise, mais aussi Arca, qui milite pour l’adoption, ou encore Une patte dans la main, qui soigne les animaux abandonnés. Tous se sont relayés de 11 h à 18 h avec un message clair : le commerce de chiots entretient les abandons, alimente les dérives et réduit l’animal à un produit.
L’envers des salons : des cages et des profits
Ces salons, présentés comme des lieux « familiaux » où l’on peut rencontrer de futurs compagnons à quatre pattes, cachent une réalité plus sombre. Les chiots sont exposés dans des cages, réduits à un spectacle attendrissant destiné à séduire. Les visiteurs les caressent, les prennent dans les bras quelques minutes, puis passent au stand suivant comme on feuillette un catalogue.
La rentabilité est au cœur du dispositif : derrière chaque petit museau, une filière économique prospère sur la reproduction intensive, parfois éloignée de toute éthique. Les associations rappellent que ces événements stimulent des achats impulsifs, sans réflexion sur la responsabilité que suppose l’adoption. Et chaque année, le cycle se répète : chiots vendus au prix fort au printemps, puis abandonnés quelques mois plus tard quand la réalité de la vie avec un animal se heurte aux contraintes du quotidien.
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« Ce ne sont pas des jouets » : un slogan qui claque comme un avertissement
Les mots de Karine, co-référente du collectif en Loire-Atlantique, résonnent comme une gifle : « Les animaux ne sont pas des jouets ».
Cette formule n’est pas qu’un slogan militant, c’est un rappel de bon sens. Derrière l’apparente banalité, elle interroge notre rapport aux animaux : pourquoi tant de familles considèrent encore l’adoption d’un chiot comme un simple achat, au même titre qu’un téléphone ou un meuble ?
La réponse se trouve peut-être dans le glissement culturel opéré depuis des années : les animaux sont mis en scène comme des produits de loisir, stars de vitrines ou de réseaux sociaux. Les salons du chiot participent à cette logique : l’animal y devient un objet de désir, formaté pour séduire, avant d’être ramené à la maison sans préparation réelle.
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Une contradiction criante avec l’esprit d’adoption
Pendant que certains choisissent un chiot en quelques minutes dans un salon, les refuges débordent d’animaux abandonnés, souvent jeunes, parfois de la même race que ceux vendus. Les bénévoles le savent trop bien : chaque adoption ratée se traduit par un retour douloureux, pour l’animal comme pour l’humain.
À Nantes, les associations présentes devant l’hippodrome n’ont pas seulement dénoncé : elles ont proposé une alternative. Arca et Une patte dans la main rappelaient que l’adoption responsable reste la voie la plus juste, et la plus cohérente, pour qui souhaite accueillir un compagnon. Car adopter, c’est reconnaître l’animal comme un sujet vivant, non comme un produit emballé.
Derrière les chiots, l’ombre des abandons
Il faut le rappeler sans détour : la France détient le triste record européen des abandons d’animaux domestiques. Chaque été, plus de 100 000 chiens et chats sont laissés sur les routes, dans des champs, ou déposés anonymement devant les refuges.

Et si beaucoup de ces histoires trouvent leur origine dans un achat impulsif, les salons du chiot en sont un accélérateur. Un enfant qui craque devant une petite boule de poils, un parent qui cède à l’instant… et voilà un animal adopté sur un coup de tête. Quelques semaines plus tard, ce même chiot, devenu adolescent, mordille les meubles, aboie, réclame de l’attention. La magie de l’achat s’efface, laissant place au fardeau d’une responsabilité que certains n’avaient pas anticipée.
Nantes, après Nogent : la montée d’une contestation
La mobilisation de ce week-end à Nantes s’inscrit dans une dynamique plus large. En juillet, à Nogent-sur-Oise, les militants de PAZ avaient obtenu une victoire symbolique : l’interdiction pure et simple d’un salon du chiot. À Nantes, le rassemblement avait aussi une valeur de test : montrer que la contestation gagne du terrain, et qu’elle s’ancre dans le débat public.
Ce qui se joue dépasse un simple événement : c’est une remise en cause structurelle du commerce d’animaux, dans une société où de plus en plus de citoyens estiment que le vivant ne devrait plus être marchandisé.
Ce que disent les animaux, sans parler
Face aux slogans et aux débats, il y a les chiots eux-mêmes. Silencieux derrière leurs barreaux, certains s’agitent, d’autres restent prostrés. Leur regard raconte mieux que n’importe quel tract l’injustice de la situation.
Dans la logique humaine, on parle d’« exposition » et de « salon ». Mais si l’on inversait les rôles ? Si l’on imaginait nos enfants assis derrière des vitrines, choisis ou écartés en fonction de leur couleur ou de leur énergie, le malaise serait immédiat. Pour les chiots, ce malaise est devenu banal.
Et c’est là que réside l’angle mort : les animaux ne choisissent pas. Ils ne décident ni de leur venue dans ce monde, ni de la main qui les achète, ni du moment où on les abandonne.
Une responsabilité collective
Il serait trop facile de rejeter la faute sur les seuls éleveurs ou organisateurs de salons. La réalité est plus complexe : c’est toute une culture qu’il faut interroger. Celle qui valorise l’animal comme un caprice, un cadeau, un achat de loisir. Celle qui oublie que derrière chaque adoption, il y a quinze années de soins, de patience et de présence à offrir.
Les militants de Nantes l’ont dit à leur manière : il faut éduquer les humains avant de leur confier un animal. C’est une phrase qui résonne douloureusement dans les refuges où des chiens, adoptés trop vite, attendent à nouveau un foyer.
Une image qui reste : les passants face aux militants
Certains visiteurs ont détourné le regard, pressés d’entrer. D’autres se sont arrêtés, intrigués, posant des questions, prenant des tracts. Ce sont ces moments d’échange que les associations recherchent.
Car il ne suffit pas de dénoncer : il faut ouvrir une brèche dans les consciences. Parfois, une simple conversation au bord d’un trottoir peut suffire à éviter qu’un achat se transforme en abandon. C’est peut-être dans ces gestes minuscules que naissent les vraies victoires.
Et maintenant ?
La mobilisation se poursuit ce dimanche 24 août, toujours devant l’hippodrome. Mais l’enjeu dépasse le calendrier du week-end. Chaque rassemblement, chaque tract distribué participe à une prise de conscience plus large : il est urgent de changer notre rapport aux animaux.
Nantes n’est qu’une étape, mais une étape significative. Car derrière les slogans, il y a un mouvement social qui refuse de laisser les chiots devenir des marchandises.
Pourquoi cette bataille compte vraiment
À travers ces manifestations, ce qui se joue, ce n’est pas seulement le sort de quelques dizaines de chiots vendus dans des cages. C’est une vision de la société. Soit nous continuons à penser le vivant comme une ressource à exploiter, soit nous franchissons un cap en reconnaissant enfin que chaque être sensible mérite mieux que d’être réduit à un produit.
Quand un enfant croise le regard d’un chiot derrière les barreaux d’un salon, il apprend quelque chose. Soit que l’animal est un jouet qu’on peut acheter. Soit qu’il est un compagnon qui mérite respect et engagement. Le choix que nous faisons collectivement dans ces moments-là détermine la relation future entre humains et animaux.
Il est temps de choisir. Et ce choix ne se fera pas seulement devant les portes de l’hippodrome de Nantes, mais dans chaque foyer, chaque école, chaque refuge.
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