Abzac sous le choc : une éleveuse de chiens condamnée après des années de signalements et des images insoutenables
L’affaire traînait depuis près de dix ans. Ce mardi 25 mars 2025, le tribunal correctionnel de Libourne a condamné une éleveuse de Cane Corso, basée à Abzac (Gironde), pour privation de soins et détention inadaptée d’animaux. Si la peine reste modérée — 1 800 € d’amende et cinq ans d’interdiction d’exercer — l’affaire prend une toute autre dimension avec la demande de dommages et intérêts de 100 000 € déposée par la Direction départementale de la protection des populations (DDPP).
Selon francebleu.fr, ce sont des plaintes répétées de riverains, relayées dès juillet 2022, qui ont une nouvelle fois déclenché une enquête contre la gérante de l’élevage « Dunes des Sages ». Elle était déjà dans le collimateur de la justice depuis 2016.
Des chiens affamés, mal logés, parfois agressifs : les faits reprochés sur près d’un an et demi
Les faits jugés couvrent la période du 19 janvier 2021 au 5 juillet 2022, durant laquelle la prévenue aurait continué à accueillir des chiens malgré une injonction préfectorale de cesser son activité. Elle est reconnue coupable de privation de soin et d’utilisation de mode de détention inadapté ou pouvant être cause de souffrance.
Le tribunal l’a cependant relaxée pour un chef d’accusation : le placement ou maintien dans une installation pouvant être cause de souffrance. Néanmoins, les éléments accablants sont nombreux, notamment un épisode évoqué par Sud Ouest : l’attaque d’un chiot par plusieurs chiens adultes, survenue peu avant l’intervention des gendarmes.

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Cinq ans d’interdiction d’élever des chiens : une sanction jugée encore trop clémente par les associations
La sanction principale retenue est l’interdiction d’exercer toute activité d’élevage canin pendant cinq ans. Une décision jugée trop légère par plusieurs défenseurs de la cause animale qui auraient souhaité une interdiction définitive.
La DDPP, pour sa part, s’est constituée partie civile et demande près de 100 000 € pour couvrir les coûts engagés lors de la prise en charge des chiens saisis. Le jugement sur cette question est attendu pour le 4 juin 2025.
Une ligne de défense fragile : les chiens ne lui appartenaient pas ?
L’avocat de la prévenue, Me Rémy Legigan, avance une défense qui repose sur un point technique :
« Même si ma cliente conservait des chiens sur le site, elle n’était pas en situation d’élevage car les chiots ne lui appartenaient pas. » Il ajoute que « les chiens femelles qui auraient pu mettre bas ne lui appartenaient pas non plus« , ce qui, selon lui, exclut l’exercice d’une activité commerciale au sens strict.
L’ancienne éleveuse conteste également la saisie des animaux et envisage de faire appel de la décision, signe que l’affaire est loin d’être terminée.
Une tendance inquiétante : les condamnations pour maltraitance animale explosent… et restent trop peu dissuasives
La décision du tribunal de Libourne s’inscrit dans une vague plus large : les cas de souffrance animale déclarés en France ont augmenté de 30 % entre 2016 et 2023, selon les données du ministère de l’Agriculture. Rien qu’en 2022, plus de 17 000 signalements ont été transmis à la plateforme gouvernementale « maltraitance-animale.gouv.fr« .
Pourtant, le montant moyen des amendes reste faible : en 2022, la majorité des condamnations pour maltraitance se soldaient par des peines inférieures à 2 000 €, parfois sans interdiction d’exercer.
Cane Corso : une race exigeante, pas faite pour les élevages approximatifs
Le Cane Corso, race originaire d’Italie, est un chien puissant, protecteur et extrêmement intelligent, mais qui demande une socialisation rigoureuse et des conditions d’élevage strictes. Sans encadrement adéquat, ces chiens peuvent devenir anxieux, agressifs ou dangereux — comme en témoigne l’attaque de chiot évoquée dans l’affaire d’Abzac.
Selon la Société Centrale Canine, le Cane Corso est aujourd’hui dans le top 10 des races les plus demandées en France, avec plus de 11 000 naissances déclarées par an. Cette popularité rapide attire de nombreux éleveurs amateurs, souvent mal préparés aux besoins de la race.
Pourquoi les contrôles d’élevages échouent encore à prévenir ces situations
La DDPP est censée effectuer des contrôles réguliers dans les élevages déclarés, mais avec seulement 4 000 agents en charge de la protection animale pour toute la France, les inspections sont souvent trop espacées ou ciblées sur les cas déjà signalés.
Un rapport de la Cour des comptes (2021) pointait un manque criant de moyens humains et techniques pour surveiller les 20 000 élevages canins enregistrés sur le territoire.
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Perspective unique : le vide juridique sur les « gardiens non déclarés » d’animaux
Le cas d’Abzac illustre un angle encore peu discuté dans les médias : le flou juridique sur les particuliers ou ex-professionnels qui gardent des chiens sans statut officiel d’éleveur. Rien dans la loi actuelle ne les oblige à des contrôles vétérinaires ou à des déclarations en préfecture tant qu’il n’y a pas vente.
Cela permet à des personnes déjà condamnées ou radiées de continuer à accueillir et détenir des animaux, parfois dans des conditions équivalentes à un élevage clandestin. Ce vide législatif est une faille structurelle dans la lutte contre la souffrance animale.
L’affaire d’Abzac, un signal d’alarme pour l’élevage canin en France
Ce jugement du tribunal de Libourne dépasse largement le cadre local. Il interroge sur la responsabilité des anciens éleveurs, la surveillance des installations privées, et surtout la capacité réelle des autorités à protéger les animaux domestiques.
À l’heure où les Français sont plus de 30 millions à posséder un animal de compagnie, il est urgent que les sanctions soient réellement dissuasives, et que le statut d’éleveur soit mieux encadré, y compris dans les cas « gris » comme celui-ci.
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