« Il paraissait affable »… et pourtant : une attaque soudaine en pleine course
Le 23 mars 2025, lors du trail des Forgerons à Saint-Juéry (Tarn), une scène inattendue a semé la panique à quelques mètres de la ligne d’arrivée : un chien en divagation a attaqué et mordu cinq coureurs. Les faits se sont produits vers 10h45, selon plusieurs témoins.
L’un d’eux, cité par La Dépêche du Midi, raconte :
« On a vu un chien qui divaguait mais qui paraissait très affable. Des gens ont voulu s’approcher et c’est à ce moment-là que tout a basculé. »
Selon ouest-france.fr, l’animal — un Husky — a également attaqué des personnes qui tentaient de protéger leur propre chien. Les victimes ont été rapidement soignées par des secouristes de la Fédération française de sauvetage et de secourisme, puis prises en charge par les pompiers. Le chien a été capturé après avoir tenté de fuir.
Des blessures légères… mais un signal d’alarme sur la sécurité des événements en plein air
Les cinq coureurs blessés n’ont heureusement subi que des blessures superficielles, mais l’incident pose une question majeure : peut-on sécuriser efficacement des événements de plein air face à des animaux errants ?
Le cadre juridique actuel impose que tout chien doit être sous la surveillance effective de son maître, mais sur les sentiers ouverts ou semi-ouverts, les zones grises restent nombreuses. Les organisateurs du trail n’ont, à ce jour, pas communiqué sur les mesures de sécurité mises en place en amont de l’épreuve.
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Chiens errants en France : un phénomène bien plus massif qu’on ne l’imagine
D’après les chiffres du ministère de l’Agriculture, environ 100 000 chiens divaguent chaque année sur le territoire français. Ces chiens sont parfois abandonnés, perdus ou tout simplement laissés en liberté de manière irresponsable.
Le rapport 2022 de l’Ordre des vétérinaires rappelle que les morsures canines entraînent plus de 250 hospitalisations par an, sans compter les très nombreux cas non signalés ou traités sans hospitalisation.
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Quand le trail devient un terrain à risque : des courses toujours plus nombreuses
Le trail est en plein essor en France : la Fédération française d’athlétisme a recensé plus de 11 000 courses en 2024, dont une majorité en zone rurale ou semi-naturelle. Ces environnements sont particulièrement sensibles à la présence d’animaux — domestiques ou sauvages — non maîtrisés.
La situation survenue à Saint-Juéry montre que même des zones d’arrivée, censées être sous contrôle, peuvent être le théâtre d’un incident si un chien parvient à s’y introduire sans être détecté.
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Que dit la loi ? Une responsabilité clairement établie… mais pas toujours facile à appliquer
En France, le Code civil (article 1243) prévoit que le propriétaire d’un animal est responsable des dommages qu’il cause, même s’il s’est échappé ou égaré. Mais dans les cas de chiens errants sans identification immédiate, les procédures peuvent s’avérer complexes.
Si le propriétaire du Husky est retrouvé, il pourrait être poursuivi pour mise en danger d’autrui, négligence, voire blessures involontaires. Mais en l’absence de puce ou de tatouage, la traçabilité devient difficile.
Pas d’attaque isolée : les comportements canins restent imprévisibles hors du cadre familial
Même un chien calme peut réagir de manière inattendue dans un environnement surstimulant : cris, odeurs de transpiration, foule en mouvement, autres animaux présents… Un terrain de trail devient un espace inhabituel et potentiellement stressant pour un chien non préparé.
Ce n’est pas un comportement anormal du Husky en soi, mais bien un contexte mal maîtrisé qui a généré une réaction brutale.
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Un week-end assombri par un autre drame : décès d’un coureur dans le Jura
Le samedi 22 mars, soit la veille de l’attaque canine, un autre trail organisé près de Dole (Jura) a été marqué par un événement tragique : un participant de 42 ans est décédé d’un arrêt cardiaque en pleine course. Les pompiers sont intervenus rapidement mais n’ont pas pu le réanimer. L’homme, père de trois enfants, a été déclaré mort sur place (ouest-france.fr).
Faut-il revoir le protocole de sécurité des courses nature ?
Entre les aléas physiques pour les participants et les menaces extérieures comme celle d’un chien en liberté, la question de la sécurisation des trails se fait de plus en plus pressante.
Doit-on interdire la présence de chiens autour des zones de départ et d’arrivée ? Renforcer la surveillance sur les sentiers ? Obliger les communes à assurer la présence de brigades cynophiles ou de vétérinaires lors des grands rassemblements en plein air ?
Des chiens à surveiller, des règles à repenser
L’incident survenu à Saint-Juéry n’est ni banal ni isolé. Il montre que la divagation animale peut encore frapper dans des contextes inattendus, au cœur d’événements encadrés, et rappelle l’urgence d’une réglementation plus claire sur la présence canine dans l’espace public pendant des manifestations sportives.
Le trail est un sport d’aventure, mais il ne devrait pas être un terrain d’impréparation. L’avenir de ces événements dépendra aussi de leur capacité à anticiper les risques les plus inattendus.